{"id":2516,"date":"2026-01-21T09:12:21","date_gmt":"2026-01-21T14:12:21","guid":{"rendered":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/?p=2516"},"modified":"2026-01-29T08:02:36","modified_gmt":"2026-01-29T13:02:36","slug":"how-public-grocery-stores-could-work-in-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/uncategorized\/how-public-grocery-stores-could-work-in-canada\/","title":{"rendered":"Comment des \u00e9piceries publiques\npourraient fonctionner au Canada"},"content":{"rendered":"<div id=\"banner\" class=\"fndry-container fndry-responsive-bg fndry-container--full fndry-pt--3 fndry-pb--1 fndry-pr--md-2 fndry-pl--md-2 fndry-pl--sm-0 fndry-pr--sm-0 fndry-pt--sm-1\">\n<div class=\"fndry-container fndry-responsive-bg fndry-pl--2 fndry-pr--2\">\n<div class=\"fndry-row fndry-row--gutter fndry-align--center fndry-justify--center\">\n<div class=\"fndry-col fndry-responsive-bg fndry-col--12 fndry-d--flex fndry-flex--col fndry-align--start\">\n<p><em>Cet article a \u00e9t\u00e9 <a href=\"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/uncategorized\/how-public-grocery-stores-could-work-in-canada\/\">traduit en fran\u00e7ais<\/a> par le R\u00e9seau Communaut\u00e9s nourrici\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p><span style=\"color: #008080\"><strong>Le R\u00e9seau Communaut\u00e9s Nourrici\u00e8res vous invite \u00e0 partager cet article avec vos d\u00e9put\u00e9s; faites-leur savoir que c'est une solution que vous souhaitez voir explor\u00e9e et soutenue !<\/strong><\/span><\/p>\n<h2 class=\"fndry-heading fndry-text-h3SectionHeadline24 fndry-text-h3SectionHeadline24\">Des options publiques existent d\u00e9j\u00e0 ailleurs \u2014 le\nsecret consiste \u00e0 les d\u00e9ployer \u00e0 grande \u00e9chelle<\/h2>\n<div class=\"fndry-container fndry-responsive-bg\">\n<div class=\"fndry-row\">\n<div class=\"fndry-col fndry-responsive-bg fndry-col--12 fndry-d--flex fndry-flex--row fndry-align--center fndry-justify--start\">\n<p><time class=\"fndry-post-date has-text-align-center fndry-mr--1 fndry-text-navSmall12\" datetime=\"2026-01-14T08:00:00-05:00\">14 janvier 2026<\/time><\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph fndry-text-bodyPSmall13 fndry-pr--1\">\u00c9crit par :\u200e <a title=\"Posts by Raj Patel\" href=\"https:\/\/www.policyalternatives.ca\/news-research\/author\/raj-patel\/\" rel=\"author\">Raj Patel<\/a>, <a title=\"Posts by Aaron Vansintjan\" href=\"https:\/\/www.policyalternatives.ca\/news-research\/author\/aaron-vansintjan\/\" rel=\"author\">Aaron Vansintjan<\/a>, <a title=\"Posts by Anna Paskal\" href=\"https:\/\/www.policyalternatives.ca\/news-research\/author\/anna-paskal\/\" rel=\"author\">Anna Paskal<\/a> et <a title=\"Posts by Errol Schweizer\" href=\"https:\/\/www.policyalternatives.ca\/news-research\/author\/errol-schweizer\/\" rel=\"author\">Errol Schweizer<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div id=\"content\" class=\"fndry-container fndry-responsive-bg fndry-pr--md-1 fndry-pl--md-1 fndry-pr--sm-2 fndry-pl--sm-2 fndry-pt--sm-0 fndry-pt--2 fndry-pb--2\">\n<div class=\"fndry-row fndry-row--gutter fndry-justify--start\">\n<div class=\"fndry-col fndry-responsive-bg fndry-col--12 fndry-col--md-12 fndry-col--sm-12 fndry-pr--sm-1 fndry-pl--sm-1 fndry-pt--sm-0 fndry-pr--md-3 fndry-pl--md-3 fndry-pt--md-0\">\n<div class=\"fndry-post-featured-image height-55vh\"><\/div>\n<div class=\"fndry-container fndry-responsive-bg\">\n<div class=\"fndry-row fndry-flex--md-col-rev\">\n<div class=\"fndry-col fndry-responsive-bg article-spacing post-content fndry-col--8 fndry-col--md-12 fndry-pt--2\">\n<div class=\"entry-content fndry-mt--0 wp-block-post-content is-layout-flow wp-block-post-content-is-layout-flow\">\n<p class=\"fndry-paragraph\">Il y a fort \u00e0 parier que vous ayez pass\u00e9 une partie de vos repas des f\u00eates \u00e0 parler du prix\ndes aliments. Les co\u00fbts pour les consommateurs ont augment\u00e9 de pr\u00e8s de 30 % depuis\n2020, tandis que les m\u00e9ga-\u00e9piciers ont doubl\u00e9 leurs marges b\u00e9n\u00e9ficiaires et que leurs\nprofits totaux ont bondi de plus de 120 %. La m\u00e9fiance croissante \u00e0 l&#039;\u00e9gard du syst\u00e8me\noligopolistique de la vente alimentaire au d\u00e9tail au Canada \u2014 o\u00f9 cinq grandes cha\u00eenes\ncontr\u00f4lent 80 % du march\u00e9 \u2014 a incit\u00e9 \u00e0 penser au-del\u00e0 du mod\u00e8le des grandes surfaces\ncommerciales.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Une proposition qui a fait les manchettes et gagn\u00e9 en importance au cours de la derni\u00e8re\nann\u00e9e consiste \u00e0 ouvrir des \u00e9piceries \u00e0 bas prix g\u00e9r\u00e9es par un gouvernement. Le maire de\nNew York, Zohran Mamdani, a popularis\u00e9 l\u2019id\u00e9e en faisant campagne pour des magasins\ng\u00e9r\u00e9s par la ville dans chacun des arrondissements. Pendant ce temps, ici au Canada, le\ncandidat \u00e0 la direction du NPD Avi Lewis a fait d\u2019une \u00ab option publique \u00bb pour l\u2019\u00e9picerie un<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IVy99oiYszY\">\u00e9l\u00e9ment central<\/a> de sa campagne, et un analyste de Food Secure Canada - R\u00e9seau pour\nune alimentation durable s\u2019est associ\u00e9 \u00e0 <em>The Breach pour r\u00e9aliser une<\/em> to make a viral<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=RPuEhQl8Cxo\"> vid\u00e9o<\/a> virale sur les\n\u00e9piceries publiques.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Ce qui semblait r\u00e9cemment \u00eatre une proposition marginale est en train de rapidement\ndevenir un sujet d&#039;actualit\u00e9. La r\u00e9action du public \u00e0 cette id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 largement positive,\nm\u00eame si certains <a href=\"https:\/\/www.theglobeandmail.com\/opinion\/editorials\/article-canada-public-grocery-stores-new-york-city-zohran-mamdani-avi-lewis\/\">m\u00e9dias nationaux<\/a> se sont montr\u00e9s critiques. Ce dont nous avons besoin\nmaintenant, c&#039;est d&#039;un mod\u00e8le solide.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Un examen attentif des approches internationales et de l'\u00e9conomie du commerce de d\u00e9tail\nmet en \u00e9vidence certains faits et enseignements utiles. Des millions de personnes font d\u00e9j\u00e0\nleurs achats dans des cha\u00eenes d\u2019\u00e9piceries publiques au Mexique et aux \u00c9tats-Unis. Notre\nanalyse montre qu\u2019un r\u00e9seau d\u2019\u00e9piceries publiques \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du Canada pourrait permettre aux familles d\u2019\u00e9conomiser environ 30 \u00e0 45 % sur leur facture d\u2019\u00e9picerie, selon leur lieu de r\u00e9sidence. Le co\u00fbt serait raisonnable, et nos gouvernements poss\u00e8dent l\u2019exp\u00e9rience\nn\u00e9cessaire pour en assurer la r\u00e9ussite.<\/p>\n<h2 id=\"scale-matters\" class=\"fndry-heading joli-heading jtoc-heading\"><strong>L\u2019\u00e9chelle compte<\/strong><\/h2>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Des exemples r\u00e9cents ont montr\u00e9 que les approches \u00e0 petite \u00e9chelle posent probl\u00e8me. En\nFloride, au Kansas et en Illinois, des administrations municipales ont ouvert des \u00e9piceries\napr\u00e8s que celles-ci ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es par les grandes cha\u00eenes de distribution. Toutes\nont cess\u00e9 leurs activit\u00e9s en quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph translation-block\">Cela n'a rien de surprenant. Les petites \u00e9piceries publiques situ\u00e9es dans des zones mal desservies sont confront\u00e9es aux m\u00eames difficult\u00e9s que les \u00e9piceries familiales ind\u00e9pendantes et les d\u00e9panneurs de quartier au Canada : elles d\u00e9pendent des syst\u00e8mes de distribution utilis\u00e9s par les grands d\u00e9taillants. En tant que commerces individuels, elles ne disposent d\u2019aucun pouvoir d\u2019achat comparatif, ce qui les rend facilement vuln\u00e9rables \u00e0 la concurrence sur les prix.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">L&#039;approvisionnement alimentaire public \u00e0 grande \u00e9chelle montre une r\u00e9alit\u00e9 tout autre. La\ncha\u00eene mexicaine <a href=\"https:\/\/bittmanproject.com\/mexicos-government-owned-supermarkets\/\">SuperISSSTE<\/a> est une \u00e9picerie publique d\u00e9tenue par le gouvernement\nmexicain, fond\u00e9e en 1953 et relanc\u00e9e apr\u00e8s des ann\u00e9es de n\u00e9gligence. Elle compte\nactuellement 46 magasins dans des centres urbains du pays, avec des volumes d\u2019activit\u00e9\nqui lui conf\u00e8rent le pouvoir de n\u00e9gociation n\u00e9cessaire face aux fournisseurs. Elle privil\u00e9gie\nles produits fabriqu\u00e9s au Mexique, offrant ainsi une stabilit\u00e9 indispensable aux producteurs\nlocaux. Le Mexique exploite \u00e9galement 24 000 Tiendas del Bienestar (magasins du bien-\n\u00eatre) qui desservent les zones rurales et sont g\u00e9r\u00e9es par les communaut\u00e9s locales.\nApprovisionn\u00e9es par un r\u00e9seau de 300 entrep\u00f4ts, elles offrent des r\u00e9ductions d\u2019au moins\n15\u00a0% sur les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Le syst\u00e8me de commissariats militaires des \u00c9tats-Unis est un r\u00e9seau de d\u00e9taillants\nalimentaires publics mondial qui conna\u00eet un grand succ\u00e8s : il dessert 8 millions de clients\npar l\u2019entremise de 235 supermarch\u00e9s situ\u00e9s sur des bases militaires partout dans le monde,\noffrant des \u00e9conomies de 23,7 % par rapport aux \u00e9piceries commerciales. Ces \u00e9conomies\nsont si importantes que de nombreux v\u00e9t\u00e9rans am\u00e9ricains choisissent de vivre pr\u00e8s d\u2019une\nbase militaire apr\u00e8s leur retraite afin de pouvoir continuer \u00e0 magasiner dans ces \u00e9piceries\npubliques. En plus d\u2019offrir des emplois bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, ces \u00e9piceries sont tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9es\ndes fournisseurs, puisqu\u2019ils garantissent des prix \u00e9quitables et des contrats stables. Cela\nest particuli\u00e8rement int\u00e9ressant pour les petits et moyens fournisseurs alimentaires locaux,\nqui sont encourag\u00e9s \u00e0 investir dans leur entreprise gr\u00e2ce \u00e0 une demande pr\u00e9visible. Ce\nmod\u00e8le bien rod\u00e9 mise sur l\u2019approche \u00e0 grande \u00e9chelle pour r\u00e9duire les co\u00fbts et renforcer la\nr\u00e9silience du syst\u00e8me alimentaire.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">\u00c0 l&#039;instar du mod\u00e8le am\u00e9ricain des commissariats, une approche plus ambitieuse de type\n\u00ab\u00a0Costco-plus-local\u00a0\u00bb pourrait fonctionner au Canada. Il pourrait s\u2019agir d\u2019une cha\u00eene de type\nentrep\u00f4t (ou d\u2019un r\u00e9seau de magasins plus petits) qui garantirait des contrats \u00e9quitables\navec les fournisseurs locaux et nationaux, utiliserait son pouvoir d&#039;achat important pour faire\nbaisser les co\u00fbts de gros et r\u00e9duirait encore les prix gr\u00e2ce \u00e0 une main-d&#039;\u0153uvre et des frais\ng\u00e9n\u00e9raux subventionn\u00e9s par l&#039;\u00c9tat. Une telle approche pourrait r\u00e9duire les prix des aliments\nd\u2019environ 30 \u00e0 45 %, selon le lieu de r\u00e9sidence, \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9e relativement rapidement et\nrepr\u00e9senter un co\u00fbt modeste. Tout est question d&#039;\u00e9chelle.<\/p>\n<h2 id=\"a-modest-price-tag\" class=\"fndry-heading joli-heading jtoc-heading\"><strong>Un co\u00fbt modeste<\/strong><\/h2>\n<p class=\"fndry-paragraph\">D\u2019apr\u00e8s nos premi\u00e8res estimations, la mise en place \u00e0 l\u2019\u00e9chelle nationale d\u2019un r\u00e9seau\nd\u2019\u00e9piceries publiques n\u00e9cessiterait un investissement initial mod\u00e9r\u00e9 \u2014 un niveau de\nd\u00e9penses tout \u00e0 fait comparable \u00e0 ce que les gouvernements engagent habituellement pour\ndes projets publics.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Il en co\u00fbterait environ 350 millions de dollars pour les infrastructures initiales n\u00e9cessaires \u00e0\nl&#039;ouverture de 50 magasins (40 dans des centres urbains et 10 dans des r\u00e9gions\n\u00e9loign\u00e9es), six centres de distribution et la logistique associ\u00e9e. Les co\u00fbts annuels\nd\u2019exploitation, en supposant que l\u2019\u00c9tat prenne en charge la main-d\u2019\u0153uvre et les frais\ng\u00e9n\u00e9raux comme le loyer, s\u2019\u00e9l\u00e8veraient \u00e0 290 millions de dollars suppl\u00e9mentaires \u2014 soit\nmoins de la moiti\u00e9 du co\u00fbt total du cycle de vie d\u2019un seul avion de chasse F-35. Or, le\nCanada a r\u00e9cemment <a href=\"https:\/\/www.pbo-dpb.ca\/en\/publications\/RP-2324-018-S--life-cycle-cost-canada-f-35-program-fiscal-analysis--cout-cycle-vie-programme-f-35-canada-une-analyse-financiere\">conclu une entente<\/a> avec les \u00c9tats-Unis pour en acheter 88.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Le r\u00e9seau pourrait recourir \u00e0 des achats directs aupr\u00e8s de p\u00f4les logistiques\nagroalimentaires et de producteurs locaux, \u00e0 des appels d\u2019offres concurrentiels pour obtenir\ndes \u00ab bas prix quotidiens \u00bb aupr\u00e8s des fournisseurs de produits emball\u00e9s, ainsi qu\u2019\u00e0 une\ndistribution centralis\u00e9e et aux meilleures pratiques logistiques. L\u2019ensemble de ces\navantages pourrait \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 aux consommateurs, entra\u00eenant des baisses de prix\nd\u2019environ 25 \u00e0 30 % dans les zones urbaines, et d\u2019environ 45 % dans les communaut\u00e9s\nnordiques (o\u00f9 le co\u00fbt des aliments est actuellement deux \u00e0 trois fois plus \u00e9lev\u00e9 que dans le\nSud). Selon leur lieu de r\u00e9sidence, une famille pourrait \u00e9conomiser entre 2 500 $ et 10 000\n$ par an. \u00c0 titre d\u2019exemple, avec 210 000 familles faisant leurs achats chaque ann\u00e9e (200\n000 dans les centres urbains et 10 000 dans le Nord), cela repr\u00e9senterait 600 millions de\ndollars d\u2019\u00e9conomies.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Autrement dit, une fois l\u2019investissement initial modeste consacr\u00e9 au d\u00e9ploiement du r\u00e9seau,\nchaque dollar investi annuellement par le gouvernement permettrait aux consommateurs\ncanadiens d\u2019\u00e9conomiser deux dollars.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Une strat\u00e9gie cl\u00e9 consisterait \u00e0 combiner le pouvoir d\u2019achat du r\u00e9seau d\u2019\u00e9piceries avec\nl\u2019approvisionnement institutionnel. L\u2019investissement canadien de 1 milliard de dollars sur\ncinq ans dans le Programme national d\u2019alimentation scolaire \u2014 r\u00e9cemment rendu\npermanent gr\u00e2ce \u00e0 un engagement annuel de 216 millions de dollars \u2014 financera l\u2019achat de\nquantit\u00e9s importantes de denr\u00e9es alimentaires, mais l\u2019approvisionnement repose\nactuellement en grande partie sur un nombre tr\u00e8s restreint de distributeurs. En s\u2019associant\n\u00e0 des h\u00f4pitaux, des universit\u00e9s et d\u2019autres \u00e9tablissements publics et sans but lucratif pour\ncertains achats, le r\u00e9seau pourrait accro\u00eetre son pouvoir de n\u00e9gociation et g\u00e9n\u00e9rer des\n\u00e9conomies suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Les avantages d&#039;une option publique pour les produits alimentaires s&#039;\u00e9tendraient \u00e9galement\n\u00e0 d\u2019autres secteurs de l&#039;\u00e9conomie canadienne. Elle permettrait de soutenir les agriculteurs,\nles p\u00eacheurs, les \u00e9leveurs, les cueilleurs et les entreprises canadiennes gr\u00e2ce \u00e0 des\ncontrats stables. Elle serait la bienvenue dans un contexte de guerre commerciale, alors\nque les consommateurs cherchent \u00e0 acheter des produits canadiens. De plus, la cr\u00e9ation\nd\u2019emplois syndiqu\u00e9s et bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s contribuerait \u00e0 rehausser les normes partout au\npays. En \u00e9change d&#039;un investissement modeste de la part du gouvernement, les b\u00e9n\u00e9fices\npour la population canadienne seraient imm\u00e9diats et consid\u00e9rables, en plus de contribuer \u00e0\nrenforcer la r\u00e9silience \u00e0 long terme de notre syst\u00e8me alimentaire.<\/p>\n<h2 id=\"governments-can-do-this\" class=\"fndry-heading joli-heading jtoc-heading\"><strong>Les gouvernements peuvent le faire<\/strong><\/h2>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Le Canada dispose d\u00e9j\u00e0 d\u2019options de vente au d\u00e9tail publiques. Les soci\u00e9t\u00e9s des alcools\nprovinciales g\u00e9n\u00e8rent des milliards de dollars de revenus et d\u00e9montrent que les\ngouvernements sont capables d\u2019exploiter des r\u00e9seaux de vente au d\u00e9tail efficaces et \u00e0\ngrande \u00e9chelle. Fait notable, ces soci\u00e9t\u00e9s des alcools sont devenues un rempart face aux\npressions exerc\u00e9es par les \u00c9tats-Unis en retirant les produits am\u00e9ricains de leurs tablettes,\noffrant ainsi au Canada un levier dans les n\u00e9gociations commerciales. Une \u00e9picerie\npublique pourrait jouer un r\u00f4le similaire.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Par ailleurs, les magasins de cannabis g\u00e9r\u00e9s par les provinces ont d\u00e9montr\u00e9 la capacit\u00e9\ndes gouvernements \u00e0 d\u00e9ployer de nouvelles infrastructures de vente au d\u00e9tail \u2014 et de\nnouvelles cha\u00eenes d\u2019approvisionnement \u2014 \u00e0 une vitesse remarquable. En moins d\u2019un an\napr\u00e8s la l\u00e9galisation, les gouvernements provinciaux ont ouvert des dizaines de points de\nvente publics de cannabis partout au pays.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Nous disposons \u00e9galement de pr\u00e9c\u00e9dents montrant qu\u2019il est possible de surmonter\nrapidement les enjeux de comp\u00e9tence au Canada, notamment par le biais d\u2019ententes\nterritoriales et de transferts budg\u00e9taires. Moins d&#039;un an apr\u00e8s l&#039;annonce du budget initial, le\ngouvernement f\u00e9d\u00e9ral avait sign\u00e9 des accords relatifs au Programme national\n\nd\u2019alimentation scolaire avec l\u2019ensemble des provinces et territoires. Ces ententes\npr\u00e9cisaient les engagements conjoints des gouvernements f\u00e9d\u00e9ral et provinciaux \u00e0 l\u2019\u00e9gard\nde valeurs et de visions communes en mati\u00e8re de politiques nationales d\u2019alimentation\nscolaire, l\u2019affectation des fonds f\u00e9d\u00e9raux, les responsabilit\u00e9s de gestion et le nombre de\nrepas \u00e0 servir. Nous avons l\u2019exp\u00e9rience n\u00e9cessaire pour mener \u00e0 bien ce projet rapidement\net \u00e0 grande \u00e9chelle.<\/p>\n<h2 id=\"responding-to-common-objections\" class=\"fndry-heading joli-heading jtoc-heading\"><strong>En r\u00e9ponse aux objections courantes<\/strong><\/h2>\n<p class=\"fndry-paragraph\">L\u2019argument le plus souvent avanc\u00e9 contre les \u00e9piceries publiques est qu\u2019elles donneraient\nl\u2019impression que l\u2019\u00c9tat prend le contr\u00f4le de la vente des produits alimentaires. Il s&#039;agit l\u00e0\nd&#039;une mauvaise interpr\u00e9tation de la proposition, car les \u00e9piceries priv\u00e9es continueraient\nd&#039;exercer leurs activit\u00e9s. Les \u00e9piceries publiques viendraient plut\u00f4t ajouter une option\npublique concurrente aux magasins existants afin de corriger des d\u00e9faillances du march\u00e9.\nLa situation actuelle \u2014 o\u00f9 cinq cha\u00eenes contr\u00f4lent la majeure partie du march\u00e9 \u2014 est loin\nde correspondre \u00e0 un march\u00e9 concurrentiel. Une option publique d\u2019\u00e9picerie ajouterait un\nautre d\u00e9taillant \u00e0 l&#039;\u00e9quation, stimulerait la concurrence et \u00e9largirait le choix offert aux\nconsommateurs.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph translation-block\">Une autre objection consiste \u00e0 dire que d\u2019autres politiques seraient plus efficaces. The\nGlobe and Mail a notamment sugg\u00e9r\u00e9 de renforcer la Loi sur la concurrence et d\u2019assouplir\nles barri\u00e8res \u00e0 l\u2019entr\u00e9e des \u00e9piciers internationaux au Canada. Or, le Bureau de la\nconcurrence n\u2019a bloqu\u00e9 avec succ\u00e8s aucune des 27 fusions dans la cha\u00eene\nd\u2019approvisionnement alimentaire depuis 2001, et il est difficile de voir en quoi l\u2019arriv\u00e9e de\nnouveaux m\u00e9ga-\u00e9piciers \u00e9trangers r\u00e9glerait le probl\u00e8me fondamental de la concentration\ndes entreprises. Bien qu\u2019une politique de concurrence plus robuste fasse partie des\nsolutions \u00e0 long terme, les \u00e9piceries \u00e0 but lucratif ne pourront pas offrir les baisses de prix\nqu\u2019une option publique subventionn\u00e9e est en mesure de proposer.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">On avance \u00e9galement que, puisque les grands d\u00e9taillants affichent des marges\nb\u00e9n\u00e9ficiaires relativement faibles, les \u00e9conomies r\u00e9alis\u00e9es par les consommateurs dans le\ncadre d\u2019une option publique seraient limit\u00e9es. En r\u00e9alit\u00e9, une entreprise comme Loblaws,\nm\u00eame avec une marge b\u00e9n\u00e9ficiaire de trois \u00e0 quatre pour cent, g\u00e9n\u00e8re tout de m\u00eame plus\nde 2 milliards de dollars de profits annuels \u2014 des sommes qui pourraient \u00eatre r\u00e9percut\u00e9es\nsur les consommateurs sous forme de baisses de prix. De plus, une \u00e9picerie publique de\ngrande envergure, b\u00e9n\u00e9ficiant de co\u00fbts d\u2019exploitation subventionn\u00e9s, de prix de gros\navantageux et n\u2019ayant aucun dividende \u00e0 verser \u00e0 des actionnaires, serait en mesure d\u2019offrir\ndes r\u00e9ductions encore plus importantes aux familles partout au pays.<\/p>\n<h2 id=\"the-bottom-line\" class=\"fndry-heading joli-heading jtoc-heading\"><strong>En conclusion<\/strong><\/h2>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Nous sommes pris dans un syst\u00e8me o\u00f9 l\u2019alimentation est consid\u00e9r\u00e9e comme une source de\nprofit plut\u00f4t que comme un droit humain, o\u00f9 la richesse et le pouvoir sont concentr\u00e9s entre\nles mains de quelques m\u00e9ga-entreprises, alimentant ainsi une spirale inflationniste. Les\nCanadiennes et Canadiens en ont assez des approches gouvernementales insuffisantes et\ninefficaces pour corriger la situation. Pendant ce temps, les familles continuent de faire face\n\u00e0 des choix impossibles \u00e0 la caisse, et l\u2019abordabilit\u00e9 est devenue l\u2019enjeu d\u00e9terminant de\nnotre \u00e9poque.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Une option publique en mati\u00e8re d\u2019\u00e9picerie offre une r\u00e9ponse concr\u00e8te. Son co\u00fbt annuel de\n290 millions de dollars repr\u00e9sente moins de 1 % du budget de la d\u00e9fense du Canada, et \u00e0\npeine plus de 1 % des investissements annuels du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral en infrastructures\n\u2014 mais elle permettrait vraisemblablement de r\u00e9duire les prix des aliments de 30 \u00e0 45 %\ndans tout un r\u00e9seau de commerces. Comme le montrent des exemples ailleurs dans le\nmonde, c\u2019est possible et cela se fait d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">Les \u00e9piceries publiques ne sont pas une solution miracle. Elles ne r\u00e9soudront pas\nl\u2019ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, qui d\u00e9coule de revenus insuffisants et qui exige une action\ngouvernementale urgente. Mais elles peuvent contribuer \u00e0 rendre les denr\u00e9es alimentaires\nplus abordables, \u00e0 renforcer la production alimentaire locale et la r\u00e9silience de la cha\u00eene\nd&#039;approvisionnement alimentaire canadienne, et \u00e0 cr\u00e9er des emplois bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\">La v\u00e9ritable question n\u2019est donc pas de savoir si cela pourrait fonctionner au Canada, mais\npourquoi cela n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 tent\u00e9. Et surtout, qui prendra l\u2019initiative pour que cela se\nr\u00e9alise ?<\/p>\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n<p class=\"fndry-paragraph translation-block\">Raj Patel est professeur-chercheur \u00e0 la Lyndon B. Johnson School of Public Affairs de\nl\u2019Universit\u00e9 du Texas \u00e0 Austin. Il est membre du Panel international d\u2019experts sur les\nsyst\u00e8mes alimentaires durables, membre du conseil de l\u2019Internationale Progressiste, et\nauteur de Stuffed and Starved: The Hidden Battle for the World Food System, parmi de\nnombreux autres livres et articles. Il est \u00e9galement cor\u00e9alisateur, avec Zak Piper, du\ndocumentaire prim\u00e9 The Ants &amp; The Grasshopper.<\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\"><em>Aaron Vansintjan est gestionnaire des politiques au R\u00e9seau pour une alimentation durable\net a travaill\u00e9 comme consultant aupr\u00e8s d\u2019organismes sans but lucratif et d\u2019instances\ngouvernementales. Il est titulaire d\u2019un doctorat de Birkbeck, University of London, ainsi que\nd\u2019une ma\u00eetrise de l\u2019Universit\u00e9 McGill. Il est l\u2019auteur de deux ouvrages portant sur les\npolitiques environnementales.<\/em><\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\"><em>Anna Paskal est consultante en syst\u00e8mes alimentaires et a collabor\u00e9 avec les Nations\nUnies, des gouvernements, des organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile nationales et\ninternationales, des groupes de r\u00e9flexion, des organismes philanthropiques, ainsi que des\ninstitutions universitaires et de recherche. Elle est actuellement conseill\u00e8re principale au\nsein de la nouvelle initiative Food and Power du PNUD et travaille \u00e9galement avec IPES-\nFood, le R\u00e9seau pour une alimentation durable et le R\u00e9seau Communaut\u00e9s Nourrici\u00e8res.<\/em><\/p>\n<p class=\"fndry-paragraph\"><em>Errol Schweizer cumule plus de 25 ans d\u2019exp\u00e9rience dans le secteur de l\u2019alimentation. Il a\ncommenc\u00e9 sa carri\u00e8re comme commis chez Whole Foods, avant de contribuer \u00e0\nl\u2019expansion du d\u00e9partement national de l\u2019\u00e9picerie jusqu\u2019\u00e0 un chiffre d\u2019affaires de 5 milliards\nde dollars am\u00e9ricains, puis de travailler sur des politiques alimentaires municipales \u00e0\nAustin. Il publie <\/em><a href=\"https:\/\/grocerynerd.substack.com\/\"><em>The Checkout Grocery Update<\/em><\/a><em>collabore \u00e0 Forbes sur les enjeux li\u00e9s aux\nprix des aliments, \u00e0 la dynamique des march\u00e9s et \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du travail, et est membre\nd\u2019IPES-Food.<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet article a \u00e9t\u00e9 traduit en fran\u00e7ais par le R\u00e9seau Communaut\u00e9s nourrici\u00e8res. Food Communities Network invites you to share this article with your Members of Parliament; let them know that this is a solution you&#8217;re interested in being explored and supported! Public options already exist elsewhere\u2014the secret is building them at scale JANUARY 14, 2026 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2516","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2516","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2516"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2516\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2526,"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2516\/revisions\/2526"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2516"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2516"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/fcn-rcn.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2516"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}